1956 — 2026


Il a peint pendant quarante ans, et ses toiles sont éparpillées chez nous tous. On les rassemble ici, avec ce qu'on a à en dire.
Le [JJ mois 2026]
Captain Cavern est mort
Il est parti le [date], à [lieu]. Il avait 70 ans, et il peignait encore.
Il s'appelait Captain Cavern depuis 1985, depuis le jour où il avait collé ses images sur les panneaux 4x3 du quartier de l'Opéra avec les Frères Ripoulin. Avant ça il signait Der Pim Pam Poum, ou Duck Sonic. Après ça, il n'a plus arrêté de peindre.
Il n'y aura pas de grande rétrospective, pas de communiqué, pas d'institution pour s'en occuper. Il y a nous, ses amis. Et il y a ses toiles, ses dessins, ses zines, dispersés depuis quarante ans dans nos appartements et nos ateliers, souvent sans titre et sans date, souvent donnés un soir sans qu'on y pense.
Cette page est faite pour les rassembler, avant qu'on oublie qui avait quoi.
Kiki Picasso, et ses amis
Qui il était
Quarante ans
de galaxies virtuelles
Né à Paris le 20 janvier 1956, il apparaît au début des années 1980 sur la scène graphique underground française, dans la lignée de Bazooka et d'Elles sont de sortie, aux côtés de Bruno Richard, Pascal Doury, Placid & Muzo, Hervé Di Rosa. Il dessine partout, dans des dizaines de graphzines, et en fabrique lui-même — Vertèbres, Crimsex.
En 1985 il prend son nom de Captain Cavern et se met vraiment à peindre. Il ne s'arrêtera plus. Il fonde et dirige Vertige, journal en kiosque devenu culte en six numéros. Il publie Le Gouffre de la piscine aux Requins Marteaux, Psychic Murder Show chez United Dead Artists, illustre les Contes du sous-commandant Marcos. Il dessine pour Actuel, Zoulou, Nova Mag, anime pour L'Œil du cyclone sur Canal+.
Sa peinture tient dans une phrase qu'il aurait pu détester : un monde enchanté et somnambule, pop, cubiste et psychédélique, quelque part entre Oui-Oui au pays des jouets et un aller simple. Le dessin et la couleur comme moyens d'atteindre, à travers les faux-semblants de la perception, le merveilleux et la magie.
Il vivait et travaillait à Nanterre.
- 1956Naissance à Paris, le 20 janvier.
- 1983Premiers graphzines, sous les noms Der Pim Pam Poum et Duck Sonic.
- 1985Affichage sauvage 4x3 quartier de l'Opéra avec les Frères Ripoulin. Devient Captain Cavern. Commence à peindre.
- 1988Animation et habillage pour Canal+ et Antenne 2.
- 1990sFonde et dirige le journal Vertige.
- 2005Exposition « Vertige Vision », galerie Arts Factory.
- 2013Psychic Murder Show, United Dead Artists.
- 2018« À travers le miroir sans le voir », première exposition personnelle à la galerie Corinne Bonnet.
- 2026Il meurt à 70 ans.
L'entretien
Il raconte
Kiki l'a filmé chez lui. Il parle de ses débuts, des zines, de la peinture, et de deux ou trois choses qu'il n'avait jamais racontées.
(non répertoriée, intégrée en nocookie)
Entretien filmé par Kiki Picasso, [lieu], [année]. Durée [xx] min.
Ce qu'on a réuni pour l'instant
Le mur, en cours
Provisoire — incomplet — à corriger
Voilà ce qui est arrivé jusqu'ici : quelques toiles photographiées chez leurs propriétaires, des images repêchées sur Facebook, des pages de zines. Presque rien n'est daté correctement et la moitié n'a pas de titre.
Si vous reconnaissez une œuvre, si une légende est fausse, si une photo est la vôtre et que vous préférez qu'elle n'y soit pas — dites-le, on corrige dans la journée.
Sans titreAcrylique sur toile, 33 × 46 cm, 2017
Collection privéeTitre inconnuTechnique inconnue, dimensions inconnues
Trouvée sur Facebook, publiée par [nom]Sans titreEncre sur papier, années 90
Envoyée par [nom]Vertige n°3Couverture, sérigraphie
Collection [nom]Titre inconnuPeinture, date inconnue
Trouvée sur Facebook, publiée par [nom]Atelier, NanterrePhotographie
Envoyée par [nom]
Pourquoi une page, et pas seulement un groupe
Facebook n'est pas
un endroit où l'on garde
Une bonne partie de ce qui est là-haut vient de Facebook, et c'est très bien : tout le monde y est, l'information circule en une heure, et c'est là qu'on se retrouve.
Mais un message disparaît du fil en deux jours. Il faut un compte pour le voir. Aucun moteur de recherche n'y entre, donc dans cinq ans, quelqu'un qui cherchera son nom ne trouvera rien. Les images y sont recompressées jusqu'à devenir inutilisables pour une impression ou une exposition. Et un compte, ça se ferme : le jour où celui de l'un d'entre nous fermera, tout ce qu'il y avait déposé partira avec.
Cette page ne remplace pas le groupe. Elle en garde une copie qui ne dépend de personne : les fichiers d'origine, en pleine résolution, à une adresse qui restera.
À vous
Vous avez
quelque chose de lui
Une toile au-dessus du canapé. Un dessin plié dans un carton depuis 1991. Une photo de vernissage floue. Une phrase qu'il répétait tout le temps.
Envoyez-le. Même mal photographié, même sans rien savoir dessus. On préfère largement une photo prise de travers avec un téléphone qu'une œuvre dont personne ne saura jamais qu'elle existait.
Ne bloquez pas sur ce que vous ignorez. Le titre, l'année, les dimensions : laissez vide. Lui-même ne les notait pas toujours. La photo et l'histoire suffisent — et de nous deux, c'est l'histoire qui nous manque le plus.